Brouage

Cette ancienne place forte, fondée en 1555 par Jacques de Pons, était autrefois bordée par la mer. L'or blanc, le sel, assura la richesse de Brouage avant que Richelieu ne décide d'en faire un port de guerre. Si l'océan s'est depuis retiré, ce petit village paisible, au nord de Marennes, à quelques kilomètres de l’océan, est un site incontournable pour les amoureux du patrimoine. Les remparts de sa citadelle, aux échauguettes emblématiques, se dressent au milieu des marais offrant une incroyable diversité de faune et de flore. La place forte de Brouage est devenue la 156e commune française à décrocher le label des Plus Beaux Villages de France en 2017.
 

Une riche histoire...

A l’origine, Hiers fut un petit village médiéval bâti sur les bords de l’ancien golfe de Saintonge. Les alluvions charriés par les fleuves de la Charente au nord et de la Seudre au sud, ainsi que ceux déposés par l’océan à chaque marée, provoquèrent petit à petit son envasement. Le golfe comblé, la mer retirée, les hommes façonnèrent peu à peu ce paysage marécageux jusqu’à en faire au Moyen-Âge le grenier à sel du royaume de France avec l'apparition de nombreux marais salants. Le sel produit était exporté vers tout le nord de l’Europe. Les navires de commerce remontaient jusqu'à la tour de Broue pour faire le plein sel. Pour avoir la même ligne de flottaison à l’aller comme au retour, ces bateaux arrivaient lestés de sable et de gravas et s’en délestaient à l’entrée du Havre. « L’îlot » ainsi constitué permit en 1555 à Jacques de Pons, seigneur de la châtelaine d’Hiers, d’y ordonner la construction d’un port de commerce du sel : Jacopolis sur Brouage. Prospère et catholique, la ville fut fortifiée sous les ordres de Richelieu en 1628, qui en avait compris l’importance. Le déclin de Brouage intervînt à partir de 1666, date de la création de l’arsenal royal de Rochefort où les brouageais s’installèrent en masse. C’est à Brouage que naquit Samuel Champlain, fondateur de la ville de Québec en 1608.
 

Le saviez-vous ?  En chiffres, Brouage compte 7 bastions, 19 échauguettes, 7 courtines, 2 km de remparts, 4 poternes, 2 ports souterrains, 4 latrines publiques. Tout cela pour assurer le quotidien des 4000 habitants civils de Brouage au 17e siècle, ainsi que des 500 à 2000 soldats en garnison.

 


Etoile de pierre au coeur des marais

La citadelle de Brouage est un ancien port de commerce de sel que se disputèrent catholiques et protestants pendant les guerres de religion. C’est en 1627 que le cardinal de Richelieu en devint le gouverneur. L’année d’après Pierre d’Argencourt y construisit les remparts de la ville, renforcés par Vauban en 1685. Outre les remparts, on peut encore y voir différentes constructions : la forge royale, la forge prison appelée ainsi car ayant servie de cellules pour les prisonniers, la halle aux vivres, la glacière, le port souterrain et les poudrières. Etoile de pierres au milieu des marais, la citadelle offre le spectacle surprenant d’un port au milieu des terres. Elle est inscrite en totalité à l’inventaire des monuments historiques depuis 1886.
 

L’église de Brouage a été construite en 1608. Le sol est couvert de pierres tombales sous lesquelles reposent de riches négociants en sel du 17e siècle, des militaires ou d'anciens gouverneurs. La voûte à la forme d'une coque de bateau retournée. Aujourd'hui, l'église abrite le mémorial des origines de la Nouvelle France. Les vitraux sont l’œuvre de Nicolas Sollogoub. Ils ont été offerts, entre 1982 et 2001, par la province du Nouveau Brunswick, par la ville et province de Québec, par l’Ontario, par des dons publics privés et publics français et par Nicolas Sollogoub lui-même.

La Halle aux vivres a été construite en 1631 pour conserver la nourriture de l'importante garnison de Brouage à l'époque. On entreposait les céréales à l'étage et les vivres et le vin étaient stockés dans des tonneaux au rez-de-chaussée. Cette édifice en briques et pierre de taille a été restauré en 1994 selon les plans de 195. Il vous est aujourd'hui possible d'y découvrir une exposition permanente où sont présentées des maquettes de batiments en partie disparus ainsi qu'un plan relief de la ville à la fin du XVIIe siècle. Le batiment abrite également un centre documentaire sur l'architecture militaire, un espace librairie et un service pédagogique.