Des villages authentiques

L’habitat traditionnel constitue une part importante du patrimoine local. On compte sur Marennes-Oléron plusieurs types de bâtis : la maison paysanne, la maison de pêcheur, la villa balnéaire et la maison de maître.
 

Des villages aux charmes uniques

La première se caractérise par son escalier extérieur permettant d’accéder à l’unique étage comme on peut en voir dans le hameau des Allassins ou à La Brée-les-Bains. Ce dernier servait de grenier de stockage des récoltes et assurait aussi un isolement thermique. Sur le bassin de Marennes, la maison rurale est composée de dépendances formant un "querreux", cour commune, autour d’un puits.

Basse, la maison de pêcheur possède des murs blanchis chaque printemps d’un mélange de chaux et de sable afin de la protéger de la pluie et du gel. La partie basse était recouverte de coaltar, sorte de goudron utilisé sur les parties mouillées des embarcations, qui servait à les protéger de l’humidité. Le petit village de Chaucre, sur la commune de Saint-Georges d’Oléron, est l’un des meilleurs exemples de village de pêcheurs.

 

Les maisons de maître faisaient généralement partie d’un ensemble de bâtiments à vocation viticole. Vers 1880, après la mise en place des premières liaisons maritimes par bateau à vapeur, puis l'ouverture du chemin de fer, l'activité touristique voit le jour à Saint-Trojan-les-Bains. Forte de son appellation "Saint-Trojanles- Bains", elle devient la station balnéaire des plus prisées sur l'île d'Oléron.

Les villas classées "architecture balnéaire" du début du XXe siècle sont le témoignage de l'architecture dite des "bains de mer", l’architecture balnéaire. Marennes, quant à elle, est depuis longtemps une cité prospère, comme en témoignent les hôtels particuliers, les maisons nobles et bourgeoises construites par les armateurs et les négociants dès le XVIe siècle.

 

Du chai aux saloches...

À noter aussi la présence de nombreux chais, sorte de grands celliers qui servent à stocker les récoltes de raisin et à mettre le vin en fût. Le commerce du vin est à l’origine du droit maritime international ! Apparue dès la fin du IIIe siècle, la viticulture devient l’activité prédominante de la région au Moyen Âge. On parle au XVIIIe siècle du territoire charentais comme le plus grand vignoble du monde. Il s’étendait sur plus de 200 000 hectares. À la fin du XIXe siècle, le phylloxéra, jusqu’alors inconnu, va se propager et décimer la quasi-totalité des vignes du territoire. Seules celles plantées en terrains sablonneux résisteront. Contraints de vendre leurs terres, la plupart des grands domaines seront essentiellement rachetés par d’anciens ouvriers. C’est ainsi que les surfaces cultivées vont progressivement se réduire.

Le territoire est composé de nombreux moulins. Parmi lesquels, le moulin de la Plataine à Bourcefranc-le Chapus, moulin à vent, qui date de 1650. Le moulin de La Brée-les-Bains, situé sur "L’île aux 100 moulins", est un moulin-tour, équipé d’un système Berton (ailes composées de "lattes" de bois) au cours du XIXe siècle. Il a la particularité d’être équipé de 2 paires de meules et de posséder encore une grande partie de son mécanisme. Depuis 2012, il fait l’objet d’un projet de réhabilitation.

 

Les témoins de l’activité ostréicole et salicole jalonnent le paysage local tels les "cabanes" et "saloches". Au Moyen Âge, le sel extrait des nombreuses salines de Marennes-Oléron avait une renommée internationale puisque plusieurs pays d’Europe du Nord venaient s’y approvisionner. Aujourd’hui, on ne sait pas si ces tourettes, en forme d’obus, construites en moellons, ont été des abris aux «gabelous», douaniers qui surveillaient le chargement du sel, ou si elles servaient à l’entreposer ? En tout cas, elles ont sûrement servi de poulailler, en complément des ressources, pour le saunier. Le mystère reste entier... Ces petits édifices se situent à Nieulle-sur-Seudre, la "Neuve-ville", et Le Gua.

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