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Jean-Baptiste Bonnin

A bientôt 50 ans, je mesure pleinement la chance que j’ai eue de passer mon enfance sur l’Ile d’Oléron. J’en ai parcouru des kilomètres su mon « biclo », j’en ai passé des heures à attendre que la marée rapproche les oiseaux, j’en ai capturé des crevettes ! J’ai toujours travaillé dans le monde associatif : dans la Vienne, puis près du Vercors. Après 10 ans dans la Drôme, je me suis laissé envahir par la nécessité de revenir sur l’Ile. J’ai participé à la création de l’association IODDE, qui m’emploie comme coordinateur depuis une dizaine d’années. Bien sûr le travail ne consiste pas à contempler le paysage toute la journée : il y a tant à faire pour préserver ici les richesses environnementales que beaucoup nous envient maintenant… Mais de temps en temps, oui je l’avoue, je peux rester un moment bloqué sur un mouvement d’oiseaux ou sur le merveilleux parfum des immortelles des dunes !
 

Concerts au marais

Le 27/10/2016 à 16:37
Les marais représentent environ 60 % de la région de Marennes et un quart d’Oléron. Ce sont des espaces riches d’histoire et de nature. Cette nature magnifique s’exprime aussi par des sons originaux, d’autant plus quand on s’éloigne des zones habitées et des bruits humains.
On y entend bien sûr les oiseaux : les cris d’alarme des échasses, le souffle des ailes des cygnes, le grognement des hérons et aigrettes. De temps en temps, vous aurez l’impression de vous faire rouspéter par la bouscarle, un petit passereau que l’on ne voit presque jamais, et qui sonne sa présence dans un buisson lorsque l’on passe à proximité d’une phrase immuable et puissante. Vous serez sans doute aussi accompagné par le « Tssiiik, tssiik, tssiik » de la cisticole, minuscule oiseau là aussi peu visible mais qui répète ce simple chant caractéristique, à chaque ondulation de son vol.
Le marais c’est aussi le royaume des amphibiens. Ici nos plus beaux concerts sont donnés le soir par les rainettes méridionales. Dès lors qu’un mâle commence à coasser, les voisins s’y mettent et c’est tout le marais qui parle. Impressionnant. On distingue parfois parmi elles quelques grenouilles rieuses.
Le soir et a fortiori la nuit, de nombreux bruits pourront vous sembler mystérieux. Un ragondin qui plonge, un canard qui décolle, une chouette chevêche qui appelle… Et peut-être  qu’aussi, vous aurez du silence. Et un concert de silence, ma foi, c’est parfois aussi très appréciable, non ?

 

Les algues

Le 09/06/2016 à 08:01
Sur les côtes de Marennes-Oléron, on connaît plus dune centaine d’espèces d’algues (sans compter les innombrables espèces d’algues microscopiques qui constituent le phytoplancton). On les regroupe en trois catégories : les algues brunes, les rouges et les vertes. Certaines peuvent se consommer directement  (en petites quantités, juste pour goûter !) comme la dulce poivrée, très commune sur nos estrans rocheux. Bien d’autres peuvent être transformées et utilisées comme gélifiants : on en trouve dans nos aliments tous les jours. On en trouve aussi dans la plupart des crèmes cosmétiques. On les utilise bien sûr en thalassothérapie. Toute cette industrie a un grand potentiel de développement.
Source inépuisable de nourriture pour beaucoup d’animaux marins, et au-delà de leurs bienfaits pour l’homme moderne, les algues ont aussi un rôle à jouer une fois échouées sur les plages. Elles retiennent les grains de sable et permettent aux plages de se consolider. Elles forment des petites cachettes humides appréciées par de nombreux insectes et toute une chaîne alimentaire en dépend. Leur décomposition permet aussi à d’autres plantes de s’installer dans le sable, formant peu à peu une dune, si importante de nos jours.
Les cas d’échouages à risque comme on le voit en Bretagne sont ici rarissimes. Ils sont dus à un surplus d’algues vertes qui profitent des nitrates venant des bassins-versants. Un petit dépliant, réalisé par la Communauté de communes d’Oléron avec les conseils du CPIE, vous donnera plus d’informations. Il est disponible en offices de tourismes et mairies. Parfois des sorties de terrain sont organisées par les associations environnementales locales pour découvrir toute cette richesse et pourquoi pas goûter certaines variétés.
Toute l’année ces algues font l’objet d’études de terrain sur Marennes-Oléron (photo jointe) : de manière participative avec tout volontaire motivé, le CPIE recense actuellement les algues brunes, des espèces qui d’une manière générale régressent en Europe. Pourquoi cette lente disparition? C’est bien la question qui se pose…

Les fiches «biodiversifiantes» du CPIE

Le 06/11/2015 à 16:46
Depuis quelques temps, le CPIE Marennes-Oléron diffuse de petites fiches explicatives sur la nature locale. Simples et variées, elles permettent d’apprendre l’essentiel sur une espèce locale, qu’elle soit rare ou au contraire très commune.
Ainsi, chacun sait maintenant comment l’étoile de mer se nourrit, comment l’araignée-crabe change de couleur pour surprendre ses proies, de quel papillon la chrysalide a la forme de l’Ile d’Oléron, pourquoi une tourbe noire est visible à l’entrée de la plage de l’Ecuissière, ou encore comment distinguer la Doridelle avec l’Argouane !
 
Ces fiches sont disponibles en permanence sur la page Facebook du CPIE : https://fr-fr.facebook.com/notes/cpie-marennes-ol%C3%A9ron/fiches-biodiversifiantes/481973908644720
 

Le lièvre de mer et le prix Nobel

Le 24/06/2015 à 16:31
Nous connaissons tous cette grosse limace marine un peu étrange, molle et gluante, que l’on observe très facilement sur l’estran rocheux, et parfois échouée sur les plages par dizaines. C’est vrai qu’elle ne paye pas de mine…  Pourtant, lorsqu’il y a suffisamment d’eau, son lent « vol » subaquatique est des plus élégants. Il y a chez nous 3 grandes espèces d’aplysies, que l’on nomme aussi  lièvres de mer (leur lèvre est fendue par le milieu, comme un bec de lièvre). On reconnaît aussi leurs pontes, ressemblant à des spaghettis.

Peu attirant, donc ? Pas pour tout le monde : la recherche de pointe s’intéresse à deux particularités de ces espèces. Premièrement, le liquide violet qu’elles rejettent lorsqu’elles sont dérangées a des propriétés multiples, notamment utiles dans la lutte contre les cancers. Elles possèdent aussi un nombre de neurones très réduit, mais en compensation de grande taille, presque visibles à l’œil nu. C’est donc un modèle prisé des neurologues. C’est en étudiant ces neurones qu’en 2000, le Professeur Eric Kandel a obtenu le prix Nobel de médecine pour ses travaux sur les processus de mémorisation et de réflexes. Les recherches continuent d’ailleurs pour lutter contre la maladie d’Alzheimer… Le gluant mollusque mérite donc tout notre respect !
 

Dans coquillage, il y a coquille...

Le 05/06/2015 à 09:42
Les coquillages sont des mollusques, c'est-à-dire que leur corps est mou. S’ils ne se protégeaient pas, ils auraient vite-fait de servir de pitance au premier goéland, ou de griller au moindre coup de soleil. Ils le font de plusieurs manières différentes.

La plus évidente est la fabrication de deux valves, que l’on peut ouvrir ou fermer selon que l’on veut filtrer de l’eau ou au contraire résister à une marée basse. C’est le système des moules, huîtres, pétoncles, palourdes etc. L’autre option répandue est celle du bigorneau et du bulot : une seule coquille, en colimaçon généralement, avec un opercule pour fermer la porte d’entrée si besoin. Le Bernard-l’ermite, qui occupe un coquillage abandonné, ne fabrique pas d’opercule mais bouche l’entrée avec une de ses pinces (la droite), plus forte et plate. Une autre formule à coquille simple se trouve chez la patelle ou l’ormeau : on se plaque contre le rocher. Et il existe d’autres variantes encore. Voilà en tous cas une bonne manière d’utiliser le carbone… On peut facilement observer ces différents styles de coquilles en se promenant sur les plages.


Ces protections ne suffisent pas à 100 % d’ailleurs. Certains coquillages comme la natice ou le Cormaillot (« bigorneau perceur ») arrivent à trouer les coquillages pour les consommer (3 ou 4 jours pour percer, et autant pour déguster !). L’étoile de mer est capable d’ouvrir une coquille Saint-Jacques grâce à ses ventouses et à la puissance hydraulique de ses 5 bras. Le bulot est plus patient : il attend que le coquillage s’entrouvre, et il glisse une partie de sa propre coquille pour empêcher la fermeture, puis il se régale tranquillement… Certains oiseaux sont même assez malins pour casser les coquilles en les tapant ou en les projetant de haut. Comme souvent dans la nature : à malin, malin et demi !
 

L'arrivée des Limicoles

Le 05/12/2014 à 14:26
Les amateurs de nature et d’oiseaux auront certainement remarqué la grande variété d’espèces qui peuplent les côtes. Le bassin de Marennes-Oléron, s’il est riche pour les coquillages, l’est aussi pour les oiseaux, en particulier les limicoles (« qui aiment la vase »). Il en existe de nombreuses espèces : chevaliers, courlis, bécasseaux, pluviers, gravelots… Et pas toujours faciles à distinguer. Mais sans chercher forcément à identifier chacun de ces milliers d’échassiers, on peut profiter d’un spectacle quotidien : leur arrivée au reposoir.

Le principe : se poster, environ 2 heures avant la haute mer, sur un poste d’observation le long de la côte orientale d’Oléron, par exemple au bout du chenal de la Baudissière, route des huîtres. Les oiseaux sont alors répartis sur la vase, mais peu à peu, poussés par la marée montante, ils se rapprochent du bord et se regroupent. A marée haute, la place devient chère et ils sont à touche-touche. La moindre émotion (un rapace, une vague un peu haute…) les fait tous s’envoler. Observez leur vol en groupe, leurs changements de direction synchronisés qui les font briller dans la lumière… C’est magnifique !

Pour aller plus loin, de nombreuses associations proposent des sorties pour apprendre à connaître les oiseaux. Les offices de tourisme vous renseigneront.

L'estran rocheux

Le 22/07/2014 à 13:38
​Il existe moult façons de profiter de la marée basse. Le pays de Marennes-Oléron offre une diversité remarquable d’estrans : sableux, vaseux, rocheux… Lorsque l’on apprécie la pêche à pied, on a le choix. Mais ces espaces qui se découvrent chaque jour plus ou moins sont aussi des milieux naturels étonnants. Sur l’estran rocheux de Chassiron, un suivi biologique (Mathieu Le Duigou, Jacques Pigeot et consorts) a permis d’identifier près de 400 espèces sur quelques mètres carrés : anémones, algues, éponges, crustacés, coquillages, étoiles de mer… Tous ont en commun une capacité à résister à des conditions qui changent complètement, plusieurs fois par jour : être balloté par la houle, se retrouver en plein soleil quelques heures, ou risquer le gel en hiver.

Faites l’expérience de vous arrêter un moment auprès d’une flaque d’estran pour y observer la nature. Quand on y pense, c’est l’un des rares endroits où elle est sauvage !  Il se 
passe toujours quelque chose, et surtout quelque chose de nouveau, même pour les plus rôdés des biologistes marins. Pour vous aider à découvrir ces espèces, de nombreuses sorties sont organisées par des associations locales. Pour les enfants, c’est un formidable terrain d’observation ; pour les parents, c’est un incontournable des vacances au bord de la mer,  et pour les grands parents… C’est un excellent  coin de pêche aux crabes !
 

Les capsules d'oeufs de raies

Le 04/03/2014 à 12:04
Qui ne s’est pas demandé un jour ce qu’étaient ces petits sacs noirs aux coins prolongés de cornes, que l’on trouve régulièrement sur les plages ? Eh bien ce sont les enveloppes des œufs de raies.  Ces poissons (les espèces ovipares en tout cas) pondent en effet un ou deux œufs chaque jour, qu’ils posent au fond de la mer. Dans cette enveloppe souple, un jaune et un blanc vont laisser place à un alevin, une petite raie.  Lorsqu’elle n’a plus de place ni de nourriture à l’intérieur, la capsule s’ouvre et la voici libre. La boite quant à elle sera un jour décrochée, se mettra à flotter et finira sur une plage.

Enfin, finira, pas tout à fait ! Depuis 2009, elles sont récoltées et étudiées par les scientifiques des associations environnementales : l’APECS (Association Pour l’Etude et la Conservation des Sélaciens) anime le programme national, et sur Marennes-Oléron, IODDE prend le relai. Ainsi, 50 000 capsules ont été répertoriées localement en 2013. C’est la raie brunette qui domine largement (97 % des capsules), mais on trouve parfois des raies bouclées, lisses, douces, fleuries, mêlées… Ces relevés permettent de mieux connaître les dates et lieux de reproduction des raies ovipares. Et chacun peut participer en récoltant les capsules, que l’on met dans un sac, à l’intérieur duquel on indiquera sur un papier son nom, la date et le lieu précis de la trouvaille. IODDE se chargera de la suite. C’est cela, la science participative !

Pour toute information : http://www.iodde.org/pages/Capsules-de-raies
 

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